MasterComp

LUFS, True Peak et normalisation expliqués simplement

Depuis que le streaming a remplacé le CD, ce n'est plus le niveau maximal de votre master qui compte, mais son volume perçu. Voici les trois notions à maîtriser pour masteriser (et comparer) en connaissance de cause.

Le LUFS : le volume tel que l'oreille le perçoit

Le LUFS (Loudness Units relative to Full Scale) mesure le volume perçu d'un son, et non sa valeur électrique maximale. Il est défini par la norme internationale ITU-R BS.1770, reprise en Europe par la recommandation EBU R128.

Le calcul tient compte de la sensibilité de l'oreille : un filtre (la « pondération K ») atténue l'extrême grave et accentue légèrement le haut du spectre. Les passages silencieux sont ensuite écartés (le « gating »), pour qu'une longue intro calme ne fausse pas la mesure.

On distingue plusieurs mesures :

Un écart de 1 LU correspond à 1 dB. Un master à -8 LUFS est donc 6 dB plus fort qu'un master à -14 LUFS.

La normalisation des plateformes de streaming

Pour éviter que l'auditeur ne touche sans cesse au volume, les plateformes ramènent les morceaux à un niveau cible. Un master plus fort que la cible est baissé ; selon la plateforme, un master plus faible est parfois remonté.

PlateformeCible (environ)Remarque
Spotify-14 LUFSMode « Fort » à -11 LUFS dans l'application
YouTube-14 LUFSBaisse uniquement, ne remonte pas
Apple Music-16 LUFSFonction « Égaliseur de volume »
Deezer-15 LUFS
Amazon Music-14 LUFS
Diffusion TV (EBU R128)-23 LUFSNorme obligatoire en Europe

Ces valeurs évoluent et peuvent dépendre des réglages de l'auditeur : vérifiez la documentation de chaque plateforme.

Conséquence directe : pousser un master à -6 LUFS ne le rend plus « plus fort » en streaming. Il sera baissé de 8 dB… et aura simplement perdu sa dynamique. C'est pour cela qu'il faut comparer ses masters à volume égal.

Le True Peak : le vrai pic, entre les échantillons

Un fichier numérique est une suite d'échantillons. Mais le signal analogique reconstruit par le convertisseur passe entre ces points, et peut dépasser le plus haut échantillon. C'est le pic inter-échantillon.

Le True Peak, exprimé en dBTP, estime ce pic réel en suréchantillonnant le signal (4 fois dans MasterComp). Un master peut afficher -0,1 dBFS en pic d'échantillon et +1 dBTP en True Peak : il saturera à la conversion ou lors de l'encodage en MP3, AAC ou Opus.

Le repère courant : rester sous -1 dBTP pour le streaming (voire -2 dBTP pour un master très fort).

La dynamique : le PLR

Le PLR (Peak to Loudness Ratio) est l'écart entre le True Peak et le loudness intégré. Il donne une idée simple de la dynamique conservée :

Quelle cible viser pour son master ?

Il n'y a pas de chiffre magique. Pour le streaming, un master entre -14 et -9 LUFS avec un True Peak sous -1 dBTP couvre la plupart des styles. L'important est que le morceau sonne bien une fois normalisé : c'est ce que vous permet de vérifier le comparateur, en écoutant vos versions et vos références au même niveau.

Mesurer et comparer mes masters